Le RCC fait son cinéma à Cannes

Si Cannes est connue pour son Festival international du film, c’est pour un tout autre festival qu’elle rayonne désormais dans le sud de la France.

Il y a toujours autant de popcorn… sauf que ceux-là ne finissent pas sur des sièges en velours rouge, mais malheureusement au sol, sur la Croisette.

Si d’habitude ce sont les paillettes qui brillent dans la ville, le 22 février 2026, elles étaient surtout dans les yeux de nos coureurs et coureuses.

C’est en meute que le RCC débarque entre hôtels cinq étoiles et bars branchés.
Mais soyons honnêtes : notre direction artistique est un peu différente.

Passionnés de ricassous, de bières, de jeux d’argent et de toute activité où l’on dépense plus qu’on ne gagne, c’est un tiercé (pas vraiment) gagnant qui se met en place.

Car si, sur le devant de la scène cannoise, nos jockeys sont prêts à briller dans leurs plus belles tenues, c’est un tout autre spectacle qui se joue en coulisses.

Au départ, ils sont 41.

Motivé(e)s, frais(ches), entraîné(e)s, prêts à faire pleuvoir les RP sur une distance qui ne laisse aucune place à l’erreur : le 10 km.

Toute la semaine, les paris ont été lancés.
Qui va tenir son allure ? Qui va se surpasser ? Qui va quitter son groupe ? Qui va exploser ? Qui va abandonner ?

Vous l’avez compris : en bons amateurs de PMU, nous avons parié sur nos coureurs.

Des cotes allant jusqu’à 15, des statuts de favoris à outsiders, tout y passe.
Faites vos jeux. Rien ne va plus.

Mais comme dans toutes les bonnes courses hippiques… rien ne va se passer comme prévu.

Veille de la course, samedi matin : rendez-vous pour un petit shake-out et la distribution des tenues.
Parce qu’il faut être beau ou belle, même dans la souffrance.

Distribution de cadeaux, goodies…
(et encore des lessives Mir, on n’en peut plus).

13h : station-service Esso.
Les jockeys sont appelés un par un pour embarquer dans le bus de l’ambiance.

16h : arrivée à Cannes.

Et encore une fois, l’équipe nous a mis bien avec un hôtel de qualité.
Les jambes doivent récupérer. Les athlètes aussi.

Shake-out pour certains, récupération des dossards pour d’autres, bière au soleil pour la team cheer.
Soleil : étrange boule chaude dans le ciel dont on avait presque oublié l’existence.

À 19h30, tout le monde à table.
Et on récupère évidemment celles qui ne font jamais rien comme tout le monde… mais tout à vélo.

Entrée, plat, dessert.
Superbe idée la veille d’une course.

Certains diront le lendemain que c’est « parce qu’ils sont partis trop vite ».
Nous, on pense surtout que la charcuterie et l’énorme glace au dessert ont peut-être joué un petit rôle.

Mais bon. C’est OKAY.

Pour les plus raisonnables : hôtel, masques et riz.
Le combo gagnant… “normalement”.

Puis arrive enfin le moment que tout le monde attend : dimanche matin.

La pression monte. Les jockeys sont appelés au paddock.

Chaussez vos plus belles New Balance : il est temps de fracasser la Croisette… ou l’inverse.
On verra bien.

À 10h45, le coach prend le départ du 5 km.

La cheer zone hurle comme si c’était la finale olympique.
Et on réalise surtout qu’on n’a jamais vu autant de mecs baver.

Est-ce à cause de la chaleur ? De la distance infernale du 5 ? Ou de la qualité exceptionnelle de la cheer zone ?

Personne ne le saura vraiment.

Mais nous, on pense que c’est clairement la cheer zone.

On récupère notre star en 15’30.
Il n’est pas content.
Mais pour nous, c’est notre star quand même.

Puis arrive 11h, et avec lui le départ du 10 km.

Et là… c’est vraiment le Festival de Cannes.

Pastaga abandonne et se repositionne directement en cheer zone.
Finalement, c’est peut-être elle qui a tout compris : bières à 11h et zéro souffrance.

Pegasus réalise cinq minutes avant le départ que son dossard est… pour le 21 km.
Technique de loubard : départ quand même.

Le chrono ne comptera pas, mais le panache oui.

Pendant ce temps-là, la cheer zone hurle sur ses jockeys jusqu’à s’arracher le gosier.
Mais malheureusement… ça ne suffit pas toujours.

Car Cannes en a piégé plus d’un.

La chaleur, le départ trop rapide…
Et surtout le 6e kilomètre, celui qui fait le tri.

Et là commencent les questions.

« Où est-il ? »
« Elle devrait être là déjà… »
« C’est pas possible, il/elle a explosé ? »

Les métronomes de la cheer connaissent leurs poulains et leurs allures.
On commence à comprendre que la course fait son travail.

Au final : 17 sur 41 tiennent leur pronostic.
(On en soupçonne certains de pouvoir encore mieux faire.)

Les autres se font rappeler une vérité simple : le 10 km est une distance terrible.

On voit arriver des visages marqués, des jambes lourdes.
Certains marchent pour nous rejoindre, d’autres arrivent complètement vidés.

Même un arrêt au stand à la Croix-Rouge, alors qu’on avait bien dit que ce n’était pas un ravito.

Cette distance ne pardonne rien.
Pas même deux secondes d’avance sur l’allure prévue.

(Ce n’est pas moi qui le dis… mais ChatGPT et les coachs aussi.)

Cannes ne nous a pas laissés indemnes.
Ni sur le bitume, ni à l’after-party.

Mais une chose est sûre : vous pouvez être fiers de vous.

Parce que se battre comme vous l’avez fait, même sur 10k, s’arracher, aller chercher ce genre d’effort… ça demande du courage. (Nous, on n’a même pas eu le courage de prendre un dossard.)

Vous n’avez pas tous battu vos RPs.

Mais vous avez fait battre notre cœur.

Et l’after-party était là pour ça : vous célébrer.

Discours, dédicaces, cadeaux… tout y passe.
Parce que vous le méritez. Parce que c’est NOOOTRE projet (pardon).

Plusieurs heures de fête avant un retour en fanfare dans le bus.

Pensée pour Eric qui, après ce trajet, ne conduira probablement plus jamais le RCC.

Arrêt dans une supérette pour acheter de l’alcool qu’on ne pourra pas boire mais qu’on préférera renverser. Pakito géant. Discours à rallonge. Pause « pas vraiment pipi ». Demi-abandon sur une aire d’autoroute.

C’est officiel : il laisse désormais le volant à Laura.

On compte donc sur toi pour Nice.

D’ici là, moi je rends l’antenne et je vous souhaite une bonne prochaine prépa.

En espérant autant de panache, de rires, d’amour et d’after-parties.

Bravo à l’équipe qui a organisé ce week-end mémorable (enfin, pour les souvenirs qu’il nous reste).

Bravo aux coureurs et coureuses qui, comme d’habitude, nous ont régalés.
Vous êtes les stars que vous pensez être.

Et merci à New Balance pour son soutien.

Photos : @bry_bastard